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Samuel BENCHETRIT, Prince de L’époque ?

Samuel Benchetrit est un conteur. Alors il multiplie les supports et les fonctions. Metteur en scène de théâtre, réalisateur de cinéma, auteur, acteur de film et même acteur de faits divers.

 

 


En 2005, Samuel Benchetrit fait son entré dans le cirque médiatique. Il traverse le plateau de Tout Le Monde En Parle, feu le talk show de Thierry Ardisson, en regardant ses pieds. C’est qu’il préfère éviter de croiser des regards. Il se hisse sur le tabouret, sans quitter ses chaussures des yeux. Puis se cache, entre ses épaules, derrière des mèches de cheveux qu’il remet en place frénétiquement dans un tique nerveux et compulsif, derrières ses mains. Révélant des tatouages artisanaux. Du genre de ceux qu’on trace avec deux aiguilles tenues par un stylo bic.

 

Thierry Ardisson présente Samuel Benchetrit comme un prince de l’époque, aimé du tout Paris. Et surtout des demoiselles. C’est qu’avec son physique de brun ténébreux, timide au regard doux, ses bracelets en cuir et ses tatouages, il est le chéri de ces dames. Benchetrit réfute, en souriant, gêné. Ce n’est pas qu’il soit plus modeste que la moyenne, mais il est très occupé à se cacher derrière son verre de vodka. Alors Ardisson enchaine et revient sur ses pièces de théâtre, ses romans, son premier film, son projet de mémoires en 5 volumes… Tout ça pour un fils de serrurier de 32 ans né à Champigny sur Marne qui a quitté l’école à 15, “Parce que j’étais pas bon”.

 

Très vite on en vient à L‘“Affaire Vilnius”. Celle où Bertrand Cantat tuait Marie Trintignant. La comédienne que Benchetrit épousait à 19 ans, sa pygmalionne. “Elle a cru en moi, elle m’a donné la valeur du travail”. Parce que c’est pour cela qu’est connu Benchetrit en 2005, plutôt que pour son film, ou ses pièces de théâtre. Quand Ardisson évoque son ex femme, le regard de Benchetrit se voile. Parfois, il accorde un petit sourire perdu, le même que lorsqu’il évoque son fils. Il sert les dents et s’arrange avec une colère un peu contenue quand on lui parle des émeutes de banlieue. Sa chère banlieue il l’écrit. Elle est un thème récurrent de son travail. On la retrouve dans ses mémoires, Les Chroniques de l’Asphalte et dans son dernier roman, Le Coeur en Dehors. Il n’aime pas l’image qu’en donne les médias aujourd’hui, il ne reconnaît pas celle où il a grandit. Et il est très nostalgique des néons. « C’est émouvant un néon » dit il en souriant.  « Vous avez toujours ce complexe de venir de la banlieue? » lui demande Thierry Ardisson. «  Oui, beaucoup. C’est à côté la banlieue, mais il est long le trajet mental ».

 

Alors depuis 2005, il suit son chemin. Il a écrit trois volumes des Chroniques de l’Asphalte. Va-t-l tous les écrire ? « J’ai pas le choix j’ai signé. » Il s’est marié aussi. A la comédienne Anna Mouglalis, avec laquelle il travaille régulièrement maintenant. C’est une habitude chez lui, depuis le clan Trintignant. Il a réuni Marie et Jean Louis, le père et la fille, dans sa mise en scène de Lettre à Lou, puis pourComédie Sur un Quai de Gare, sa première pièce et dans Janis & John, son premier film. Il écrira Moins Deux dont il confiera le premier rôle à Jean Louis Trintignant pour le consoler du chagrin causé par la mort de sa fille. Il emploi son fils Jules dans son court métrage Yves Saint Laurent, et sur l’affiche de J’ai Toujours Rêve d’être un Gangster, il réunit « Ma femme, mon flingue, ma fille. » Benchetrit, c’est une affaire de clan. Ce n’est pas pour rien que son dernier film, Chez Gino, se passe au sein de La Mafia…

 

En 2010, on le retrouve à la télé pour présenter son dernier roman. Un t-shirt noir col v, moulant, a remplacé la chemise à rayure un rien has been de 2005. Et à ces pieds qu’il ne quittait pas des yeux, des boots de créateurs. Aujourd’hui, dans le fauteuil où il se fait interroger, Samuel Benchetrit ne se cache plus derrière ses mains, puisqu’elles sont occuper à faire de grands gestes au bout de ses bras. Il parle fort pour faire entendre son point de vu et signifier au type en face que son avis l’ennui un tout petit peu… “Allez vivre au Texas et nous faites plus chier, quoi, putain”. Oui parce que les mots qu’emploi le plus Benchetrit, c’est « putain », « bordel » et « merde ». Et il n’en a « rien à foutre ». Il écrit comme il parle et parle comme il écrit. Mais il lui reste ce tique nerveux, cette habitude de se remettre les cheveux en place et cette douceur dans le regard et la voix, héritée du serrurier de Champigny Sur Marne « C’est un homme très doux mon père ».

 

Il fait celui qui n’est pas d’ici, qui n’en a que faire des codes des médias. Il n’empêche qu’il est devenu un client régulier. On le trouve même dans plusieurs magazines au côté d’Anna Mouglalis avec la quelle il se prête au jeu du reportage de mode.  En 2005 il disait “Je suis timide moi, je vais pas être un grand client.” Il fait mentir celui qu’il est devenu. Aujourd’hui il connait les rouages, fait monter la pression trouve la formule pour répondre, manie le clash avec brio. Le public est allié à sa cause et le salue à coup d’applaudissements non contenus lorsqu’il mouche son interlocuteur avec une vulgarité quotidienne et détendue.  Le jeune garçon de banlieue, au delà d’être devenu un artiste reconnu dans les domaines de la littérature et du cinéma est devenu un véritable personnage médiatique de son époque.

Week End - Andrew Haigh

C’est l’histoire d’une rencontre. Presque fortuite. En tout cas inespérée. Qui ne devait pas avoir de suite. Parce que ce n’est pas dans l’ordre des choses. Habituellement. Et puis, pour on ne sait quelle raison, ou quelle étrange alchimie, les langues se délient. On attend longtemps dans l’encadrement de la porte, ne sachant pas vraiment comment se quitter. Et au lieu de se dire au revoir on se dit à bientôt, on se met à rêvasser, à attendre un texto, on ne quitte pas des yeux son téléphone. On vérifie que la batterie est bien chargée. A force de ne rien entendre on vérifie que la sonnerie est bien activée. On essaye d’en envoyer un. On le réécrit, trois fois, quatre, on réfléchit bien avant de l’envoyer. 

Et puis il y a le second rendez vous, on ne sait pas vraiment quoi dire. On ne sait pas où on met les pieds, les mains, la bouche. Jusqu’à ce que cette tension devienne insupportable et qu’il soit inévitable que les corps se touchent. Et à force d’intimité et de discussion qui n’en finissent plus autour de traces de cocaïne, les personnages se dessinent. Et les masques craquèlent.  L’un est d’une gouaille un peu trop forcée pour être honnête, l’autre d’une fragilité désarmante. Un infatigable romantique.

Les plans au plus près des personnages invitent le spectateur dans leur intimité naissante. A tel point qu’on sent presque la chaleur des corps. L’histoire sensible, touchante et parfois drôle, emporte le spectateur sans jamais tomber dans le mièvre. 

L’histoire presque banale est portée par une esthétique brute et simple, par deux comédiens qui rivalisent de talent (Tom Cullen & Chris New) et une bande son discrète. 

Week end c’est ça : une histoire d’amour qui n’était pas destinée en être une, pendant deux jours d’excès. 

Bye Bye Blondie - Virginie Despentes

Le 15 Mars, Yagg à l’occasion de ses séances ciné « Le Jeudi c’est Gay Friendly » accueille l’avant première de Bye Bye Blondie, le film adapté du bouquin du même nom par Virginie Despentes.

Je n’ai pas lu Bye Bye Blondie, mais j’avais très envie de l’aimer. Je fais partie de la génération Baise Moi, eu un coup de cœur pour la violence cathartique du film, et j’ai plongé sans retenue dans l’univers des Chiennes Savantes. Emanuelle Beart et Beatrice Dalle incarnent le couple, devenu lesbien pour le film. Soko interprète Dalle, jeune et punk, Clara Ponsot est Beart ado et skinhead.

Il se trouve là le premier atout du film. Le casting. La gouaille sur le fil et le charisme sexy de Dalle, la violence froide de Beart, l’hystérie adolescente et la tristesse crasse de Soko, et la regard brulant et le mépris de surface de Clara Ponsot. Autour d’autant d’actrices, il n’y avait pas vraiment de place pour les hommes. Pascal Gregory devient drôle et attachant sous ses dehors de snob névrotique, Stomy Bugsy a un rôle qui tient presque du clin d’œil, un chauffeur obsédé par Bunbury, chanteur espagnol un tout petit peu kitsch.

Despentes sait filmer les femmes.  Qu’on ne vienne pas dire qu’on ne sent pas cette tension sexuelle presque palpable entre Dalle et Béart quand leurs personnages se retrouvent ? Je ne crois pas avoir rêvé non plus cette passion épidermique entre Gloria et Frances adolescentes.  Elle filme au plus près, rend justice à leur amour, comme à leur violence. La chaleur de leur passion comme la violence et la laideur qui peuvent en sortir. Notament dans ces deux scènes centrales où Béart et Dalle baissent les armes et où la réalité et la peur apparaissent et qu’elles se les balancent à la figure.

Le récit, Despentes me maîtrise. De flashbacks en temps présents, elle aurait pu perdre ses spectateurs. Sauf qu’elle jongle comme il faut  et que ses personnages se construisent et s’épaississent à mesure qu’elle déroule le fil.

Et en sous mains apparait : “Est ce que l’ado que j’étais serait fier de l’adulte que je suis devenue ? “. À force d’aller et venir c’est adolescence et âge adulte qui finissent par dialoguer. Rêves de jeunesse et illusions perdues ou retrouvées. Voeux pieux et promesses plus ou moins tenues. Et la violence de ces années là. Celle des autres et celle qu’on s’inflige. Si Gloria et Frances se retrouvent en HP, ce n’est pas qu’un hasard.

Et Despentes ne film pas une histoire de gouine, elle film une histoire d’amour. Avec naturelle. Alors on pourrait partir dans une considération militante, qui dirait que c’est important d’être représenté dans les fictions, pour les autres et la visibilité. Ouais surement. Sauf que c’est bien, juste pour nous, d’avoir une histoire qui nous ressemble. Alors je suis probablement le cœur de cible, le public tout trouvé de ce film. Probablement. Parce que je suis une eternelle romantique.

PS : C’est une romance entre une skin et une punk qui passe du Lydia Lunch, du LSD et du Parabellum. Alors moi, je craque. Forcément. 

Bye Bye Blondie by Queen Mafalda on Grooveshark

Et une playlist youtube pour les absents de grooveshark. 

Skins Party - Timothé LeBoucher

Skins Party, largement inspiré de l’ambiance de la série et des soirées du même nom est le premier album de Timothé Leboucher.  

                   

On est quelque part entre Larry Clark et Breat Easton Ellis, il n’y a pas beaucoup d’éclaircie, Skins Party, c’est un monde assez crépusculaire. En une soirée, les petites histoires des protagnosites se croisent et se télescopent. Des histoire glauques et sales, impliquant presque toujours, sexe, came et/ou (mais plutôt et) alcool.

De grands applats de couleurs sans beaucoup de nuances, fulorescentes et criardes quand les images dépeignent l’interieur, presque ternes pour les extérieurs, le dessin est celui d’un album pour enfant, l’impression de naïveté tranche sans ménagement avec le propos.

 Le glauque bien amené et l’effet de surprise induis par un découpage suscitant le suspens tiennent le lecteur en haleine. C’est vrai jusqu’à la fin, qui en voulant taller trop loin perd de sa crédibilité et sombre dans une facilité. Là où le reste du récit était d’une froide cruauté et laideur presque ordinaire. Dommage, elle laisse un gout désagréable. 

Ceci dit on peut tenir compte du fait que Timothé Leboucher à 22 ans, alors un premier album réussi à 80% c’est quand même un très très bon début. 

Nous ne serons jamais des héros - Salsedo, Jouvrain, Salsedo

Mick est un looser moyen, un branleur générationnel, un ado attardé. Un type qui a le mal de l’époque.

                            

Le père de Mick est un vieux casse couille, grabataire et mourrant. Il décide de faire le tour du monde sur les traces de sa jeunesse amoureuse perdue. Et dans le rôle du garde malade : Mick. 

Réaliste et détaillé, on se plonge facilement dans cet univers aux personnages très expressifs. Le récit est drôle et sensible, les personnages ont une vraie épaisseur, on entend presque la voix du père. On aime cet album parce qu’il nous parle d’une façon ou d’un autre. Nous ne serons jamais des héros, c’est l’histoire d’un type qui devient adulte, qui apprend qui il est en découvrant son père. On a tous eu à grandir et on s’est tous rendu compte que malgré tous les reproches que l’on pouvait faire à nos parents, ils étaient surtout des être humains. Avec leurs névroses et les plantades qui vont avec.

Et si ça ne t’es pas encore arrivé, prends une chaise et attend, ça va pas tarder. 

Le Bleu Est Une Couleur Chaude - Julie Maroh

Le Bleu Est Une Couleur Chaude de Julie Maroh a reçu le prix  du public à Angoulême en 2011. En 2012, cette BD a succès sera adaptée au cinéma par Abdelatif Kechiche (La Graine et Le Mulet) avec Lea Seydoux dans le rôle principal.

                                   

Le récit commence à la mort de Clémentine. L’auteure va remonter le fil de leur histoire. Leur première rencontre, l’acceptation de l’homosexualité de Clémentine, par elle même et ses proches… Et puis leur flirt, les corps qui se cherchent, l’attente d’un coup de telephone… Bref une histoire d’amour adolescente somme toute assez classique. Là où Le Bleu Est Une Couleur Chaude est une vraie réussite, c’est sans doute dans son traitement. Tendre et sensible. Vraiment sensible, vous en connaissez beaucoup des BD qui tire une larme à son lecteur ? Le dessin est à l’image de l’histoire, réaliste, doux, d’une sensualité presque érotique parfois. D’un sépia noir et blanc intense, presque sépia, l’histoire ne se colore que du Bleu d’Emma.

Le récit entraine son lecteur, on ne lâche l’album qu’à la dernière page. Il en reste une tristesse infinie une douceur une délicatesse… Une envie d’y revenir. L’atmosphère de l’album reste longtemps dans l’esprit et donnerait presque envie d’être amoureux.




Freddie & Moi - Mike Dawson

 On a tous une chanson qui nous rappelle  un évènement ou un autre, un groupe qui a accompagné notre enfance, un album qu’on connaît par cœur parce qu’on l’écoute depuis toujours… La bande son de notre vie quoi.

                               


Pour Mike Dawson, l’auteur de  Freddie et Moi, pour tout cela, il a Queen. Il en est un fan absolu, une groupie… Il a un morceau pour chaque étape de sa vie. Enfance, adolescence, âge adulte, les filles, la famille, le boulot… Parce qu’en réalité c’est plutôt de ça qu’il s’agit, le passage à l’âge adulte, les errances de l’adolescence… Freddie Mercury, c’est un prétexte. Un chouette prétexte, mais un prétexte quand même.

Le ton est drôle et sensible. Le dessin presque naïf. Facile de s’identifier au récit autobiographique de Mike. 

Elodie Durand - La Parenthèse

Judith est atteinte d’épilepsie, provoquée par une tumeur au cerveau et elle revient sur les évènements. La Parenthèse est un récit autobiographique. Mais Élodie Durand se cache derrière Judith, son deuxième prénom. Peut être pour poser un regard distancier sur cette maladie qu’elle n’admet pas.

                        

La mémoire de Judith s’efface. D’abord par petites touches. Puis par morceaux entiers. Elle oublie jusqu’à l’alphabet, perd toute autonomie. Finalement, en plus de la mémoire, c’est elle toute entière qui s’efface. Judith écrit, note, exerce son cerveau et sa mémoire. Elle dessine aussi. Et elle agrémente La Parenthèse de dessins de l’époque. Tortueux, brouillons, nerveux, introspectifs, dans lesquels elle se raconte peut être plus que dans son récit. Et quand son cerveau a décidé de ne vraiment pas se mettre de la partie, elle demande de l’aide à ses parents. Pour remplir les trous ou pour l’aider dans les gestes du quotidien. Judith n’admets pas la maladie, alors le ton de l’album n’est jamais ni mélodramatique, ni plombé, ni moralisateur, ni vraiment didactique. Ce n’est pas un album de sensibilisation à l’épilepsie destinée au grand public.

 Elodie Durand raconte à merveille la colère de disparaître derrière des symptômes, l’incompréhension, la dépendance à son entourage. Pour nous emmener dans son quotidien et son cerveau malade, Elodie fait appelle à la métaphore dessinée, alterne des découpages classiques en cases, de grands formats, des dessins fournis, épurés, lumineux, sombres, nerveux… Les formes changent rapidement, et rendent le récit très dynamique. 

 La Parenthèse c’est le récit d’une jeune femme qui se bat pour que sa maladie ne la définisse pas. Et pour faire en sorte que la Parenthèse ne devienne pas des points de suspensions. 

Oh ! Merde ! - Cha

Oh ! Merde ! est une compilation d’histoires dessinées entre 2005 et 2010 par Cha, dessinatrice du blog chaBD.

                            

Cha est une jeune femme névrosée à la limite du psychotique. Cha aime Didier Wampas, la bière, la musique Punk, Cha a de petits nichons, des problèmes avec son mec et une connaissance accrue du milieu psychiatrique. Bref, Cha est une fille relativement normale.

Avec Oh ! Merde !, Cha multiplie les scénettes dans un style nerveux et désinvolte. Elle alterne comptines cruelles, scènes relativement autobiographiques, délires sci-fi, histoires macabres et rock n roll… A intervalles réguliers on retrouve Gwenaelle la baby sitter végéarienne qui enseigne sa vérité à la gamine qu’elle garde ou les aventures dans couple qui fuient un armaggedon futuriste à la fin inattendue…

Une multitude de nouvelles dessinées où Cha pose un regard acerbe, décomplexé, cynique, punk et très très drôle sur notre monde.

Diane Arbus au Jeu de Paume

L’expo Diane Arbus se tenait au Jeu De Paume de Paris. 

Samuel BENCHETRIT, Prince de L’époque ?

Samuel Benchetrit est un conteur. Alors il multiplie les supports et les fonctions. Metteur en scène de théâtre, réalisateur de cinéma, auteur, acteur de film et même acteur de faits divers.

 

 


En 2005, Samuel Benchetrit fait son entré dans le cirque médiatique. Il traverse le plateau de Tout Le Monde En Parle, feu le talk show de Thierry Ardisson, en regardant ses pieds. C’est qu’il préfère éviter de croiser des regards. Il se hisse sur le tabouret, sans quitter ses chaussures des yeux. Puis se cache, entre ses épaules, derrière des mèches de cheveux qu’il remet en place frénétiquement dans un tique nerveux et compulsif, derrières ses mains. Révélant des tatouages artisanaux. Du genre de ceux qu’on trace avec deux aiguilles tenues par un stylo bic.

 

Thierry Ardisson présente Samuel Benchetrit comme un prince de l’époque, aimé du tout Paris. Et surtout des demoiselles. C’est qu’avec son physique de brun ténébreux, timide au regard doux, ses bracelets en cuir et ses tatouages, il est le chéri de ces dames. Benchetrit réfute, en souriant, gêné. Ce n’est pas qu’il soit plus modeste que la moyenne, mais il est très occupé à se cacher derrière son verre de vodka. Alors Ardisson enchaine et revient sur ses pièces de théâtre, ses romans, son premier film, son projet de mémoires en 5 volumes… Tout ça pour un fils de serrurier de 32 ans né à Champigny sur Marne qui a quitté l’école à 15, “Parce que j’étais pas bon”.

 

Très vite on en vient à L‘“Affaire Vilnius”. Celle où Bertrand Cantat tuait Marie Trintignant. La comédienne que Benchetrit épousait à 19 ans, sa pygmalionne. “Elle a cru en moi, elle m’a donné la valeur du travail”. Parce que c’est pour cela qu’est connu Benchetrit en 2005, plutôt que pour son film, ou ses pièces de théâtre. Quand Ardisson évoque son ex femme, le regard de Benchetrit se voile. Parfois, il accorde un petit sourire perdu, le même que lorsqu’il évoque son fils. Il sert les dents et s’arrange avec une colère un peu contenue quand on lui parle des émeutes de banlieue. Sa chère banlieue il l’écrit. Elle est un thème récurrent de son travail. On la retrouve dans ses mémoires, Les Chroniques de l’Asphalte et dans son dernier roman, Le Coeur en Dehors. Il n’aime pas l’image qu’en donne les médias aujourd’hui, il ne reconnaît pas celle où il a grandit. Et il est très nostalgique des néons. « C’est émouvant un néon » dit il en souriant.  « Vous avez toujours ce complexe de venir de la banlieue? » lui demande Thierry Ardisson. «  Oui, beaucoup. C’est à côté la banlieue, mais il est long le trajet mental ».

 

Alors depuis 2005, il suit son chemin. Il a écrit trois volumes des Chroniques de l’Asphalte. Va-t-l tous les écrire ? « J’ai pas le choix j’ai signé. » Il s’est marié aussi. A la comédienne Anna Mouglalis, avec laquelle il travaille régulièrement maintenant. C’est une habitude chez lui, depuis le clan Trintignant. Il a réuni Marie et Jean Louis, le père et la fille, dans sa mise en scène de Lettre à Lou, puis pourComédie Sur un Quai de Gare, sa première pièce et dans Janis & John, son premier film. Il écrira Moins Deux dont il confiera le premier rôle à Jean Louis Trintignant pour le consoler du chagrin causé par la mort de sa fille. Il emploi son fils Jules dans son court métrage Yves Saint Laurent, et sur l’affiche de J’ai Toujours Rêve d’être un Gangster, il réunit « Ma femme, mon flingue, ma fille. » Benchetrit, c’est une affaire de clan. Ce n’est pas pour rien que son dernier film, Chez Gino, se passe au sein de La Mafia…

 

En 2010, on le retrouve à la télé pour présenter son dernier roman. Un t-shirt noir col v, moulant, a remplacé la chemise à rayure un rien has been de 2005. Et à ces pieds qu’il ne quittait pas des yeux, des boots de créateurs. Aujourd’hui, dans le fauteuil où il se fait interroger, Samuel Benchetrit ne se cache plus derrière ses mains, puisqu’elles sont occuper à faire de grands gestes au bout de ses bras. Il parle fort pour faire entendre son point de vu et signifier au type en face que son avis l’ennui un tout petit peu… “Allez vivre au Texas et nous faites plus chier, quoi, putain”. Oui parce que les mots qu’emploi le plus Benchetrit, c’est « putain », « bordel » et « merde ». Et il n’en a « rien à foutre ». Il écrit comme il parle et parle comme il écrit. Mais il lui reste ce tique nerveux, cette habitude de se remettre les cheveux en place et cette douceur dans le regard et la voix, héritée du serrurier de Champigny Sur Marne « C’est un homme très doux mon père ».

 

Il fait celui qui n’est pas d’ici, qui n’en a que faire des codes des médias. Il n’empêche qu’il est devenu un client régulier. On le trouve même dans plusieurs magazines au côté d’Anna Mouglalis avec la quelle il se prête au jeu du reportage de mode.  En 2005 il disait “Je suis timide moi, je vais pas être un grand client.” Il fait mentir celui qu’il est devenu. Aujourd’hui il connait les rouages, fait monter la pression trouve la formule pour répondre, manie le clash avec brio. Le public est allié à sa cause et le salue à coup d’applaudissements non contenus lorsqu’il mouche son interlocuteur avec une vulgarité quotidienne et détendue.  Le jeune garçon de banlieue, au delà d’être devenu un artiste reconnu dans les domaines de la littérature et du cinéma est devenu un véritable personnage médiatique de son époque.

Week End - Andrew Haigh

C’est l’histoire d’une rencontre. Presque fortuite. En tout cas inespérée. Qui ne devait pas avoir de suite. Parce que ce n’est pas dans l’ordre des choses. Habituellement. Et puis, pour on ne sait quelle raison, ou quelle étrange alchimie, les langues se délient. On attend longtemps dans l’encadrement de la porte, ne sachant pas vraiment comment se quitter. Et au lieu de se dire au revoir on se dit à bientôt, on se met à rêvasser, à attendre un texto, on ne quitte pas des yeux son téléphone. On vérifie que la batterie est bien chargée. A force de ne rien entendre on vérifie que la sonnerie est bien activée. On essaye d’en envoyer un. On le réécrit, trois fois, quatre, on réfléchit bien avant de l’envoyer. 

Et puis il y a le second rendez vous, on ne sait pas vraiment quoi dire. On ne sait pas où on met les pieds, les mains, la bouche. Jusqu’à ce que cette tension devienne insupportable et qu’il soit inévitable que les corps se touchent. Et à force d’intimité et de discussion qui n’en finissent plus autour de traces de cocaïne, les personnages se dessinent. Et les masques craquèlent.  L’un est d’une gouaille un peu trop forcée pour être honnête, l’autre d’une fragilité désarmante. Un infatigable romantique.

Les plans au plus près des personnages invitent le spectateur dans leur intimité naissante. A tel point qu’on sent presque la chaleur des corps. L’histoire sensible, touchante et parfois drôle, emporte le spectateur sans jamais tomber dans le mièvre. 

L’histoire presque banale est portée par une esthétique brute et simple, par deux comédiens qui rivalisent de talent (Tom Cullen & Chris New) et une bande son discrète. 

Week end c’est ça : une histoire d’amour qui n’était pas destinée en être une, pendant deux jours d’excès. 

Bye Bye Blondie - Virginie Despentes

Le 15 Mars, Yagg à l’occasion de ses séances ciné « Le Jeudi c’est Gay Friendly » accueille l’avant première de Bye Bye Blondie, le film adapté du bouquin du même nom par Virginie Despentes.

Je n’ai pas lu Bye Bye Blondie, mais j’avais très envie de l’aimer. Je fais partie de la génération Baise Moi, eu un coup de cœur pour la violence cathartique du film, et j’ai plongé sans retenue dans l’univers des Chiennes Savantes. Emanuelle Beart et Beatrice Dalle incarnent le couple, devenu lesbien pour le film. Soko interprète Dalle, jeune et punk, Clara Ponsot est Beart ado et skinhead.

Il se trouve là le premier atout du film. Le casting. La gouaille sur le fil et le charisme sexy de Dalle, la violence froide de Beart, l’hystérie adolescente et la tristesse crasse de Soko, et la regard brulant et le mépris de surface de Clara Ponsot. Autour d’autant d’actrices, il n’y avait pas vraiment de place pour les hommes. Pascal Gregory devient drôle et attachant sous ses dehors de snob névrotique, Stomy Bugsy a un rôle qui tient presque du clin d’œil, un chauffeur obsédé par Bunbury, chanteur espagnol un tout petit peu kitsch.

Despentes sait filmer les femmes.  Qu’on ne vienne pas dire qu’on ne sent pas cette tension sexuelle presque palpable entre Dalle et Béart quand leurs personnages se retrouvent ? Je ne crois pas avoir rêvé non plus cette passion épidermique entre Gloria et Frances adolescentes.  Elle filme au plus près, rend justice à leur amour, comme à leur violence. La chaleur de leur passion comme la violence et la laideur qui peuvent en sortir. Notament dans ces deux scènes centrales où Béart et Dalle baissent les armes et où la réalité et la peur apparaissent et qu’elles se les balancent à la figure.

Le récit, Despentes me maîtrise. De flashbacks en temps présents, elle aurait pu perdre ses spectateurs. Sauf qu’elle jongle comme il faut  et que ses personnages se construisent et s’épaississent à mesure qu’elle déroule le fil.

Et en sous mains apparait : “Est ce que l’ado que j’étais serait fier de l’adulte que je suis devenue ? “. À force d’aller et venir c’est adolescence et âge adulte qui finissent par dialoguer. Rêves de jeunesse et illusions perdues ou retrouvées. Voeux pieux et promesses plus ou moins tenues. Et la violence de ces années là. Celle des autres et celle qu’on s’inflige. Si Gloria et Frances se retrouvent en HP, ce n’est pas qu’un hasard.

Et Despentes ne film pas une histoire de gouine, elle film une histoire d’amour. Avec naturelle. Alors on pourrait partir dans une considération militante, qui dirait que c’est important d’être représenté dans les fictions, pour les autres et la visibilité. Ouais surement. Sauf que c’est bien, juste pour nous, d’avoir une histoire qui nous ressemble. Alors je suis probablement le cœur de cible, le public tout trouvé de ce film. Probablement. Parce que je suis une eternelle romantique.

PS : C’est une romance entre une skin et une punk qui passe du Lydia Lunch, du LSD et du Parabellum. Alors moi, je craque. Forcément. 

Bye Bye Blondie by Queen Mafalda on Grooveshark

Et une playlist youtube pour les absents de grooveshark. 

Skins Party - Timothé LeBoucher

Skins Party, largement inspiré de l’ambiance de la série et des soirées du même nom est le premier album de Timothé Leboucher.  

                   

On est quelque part entre Larry Clark et Breat Easton Ellis, il n’y a pas beaucoup d’éclaircie, Skins Party, c’est un monde assez crépusculaire. En une soirée, les petites histoires des protagnosites se croisent et se télescopent. Des histoire glauques et sales, impliquant presque toujours, sexe, came et/ou (mais plutôt et) alcool.

De grands applats de couleurs sans beaucoup de nuances, fulorescentes et criardes quand les images dépeignent l’interieur, presque ternes pour les extérieurs, le dessin est celui d’un album pour enfant, l’impression de naïveté tranche sans ménagement avec le propos.

 Le glauque bien amené et l’effet de surprise induis par un découpage suscitant le suspens tiennent le lecteur en haleine. C’est vrai jusqu’à la fin, qui en voulant taller trop loin perd de sa crédibilité et sombre dans une facilité. Là où le reste du récit était d’une froide cruauté et laideur presque ordinaire. Dommage, elle laisse un gout désagréable. 

Ceci dit on peut tenir compte du fait que Timothé Leboucher à 22 ans, alors un premier album réussi à 80% c’est quand même un très très bon début. 

Nous ne serons jamais des héros - Salsedo, Jouvrain, Salsedo

Mick est un looser moyen, un branleur générationnel, un ado attardé. Un type qui a le mal de l’époque.

                            

Le père de Mick est un vieux casse couille, grabataire et mourrant. Il décide de faire le tour du monde sur les traces de sa jeunesse amoureuse perdue. Et dans le rôle du garde malade : Mick. 

Réaliste et détaillé, on se plonge facilement dans cet univers aux personnages très expressifs. Le récit est drôle et sensible, les personnages ont une vraie épaisseur, on entend presque la voix du père. On aime cet album parce qu’il nous parle d’une façon ou d’un autre. Nous ne serons jamais des héros, c’est l’histoire d’un type qui devient adulte, qui apprend qui il est en découvrant son père. On a tous eu à grandir et on s’est tous rendu compte que malgré tous les reproches que l’on pouvait faire à nos parents, ils étaient surtout des être humains. Avec leurs névroses et les plantades qui vont avec.

Et si ça ne t’es pas encore arrivé, prends une chaise et attend, ça va pas tarder. 

Le Bleu Est Une Couleur Chaude - Julie Maroh

Le Bleu Est Une Couleur Chaude de Julie Maroh a reçu le prix  du public à Angoulême en 2011. En 2012, cette BD a succès sera adaptée au cinéma par Abdelatif Kechiche (La Graine et Le Mulet) avec Lea Seydoux dans le rôle principal.

                                   

Le récit commence à la mort de Clémentine. L’auteure va remonter le fil de leur histoire. Leur première rencontre, l’acceptation de l’homosexualité de Clémentine, par elle même et ses proches… Et puis leur flirt, les corps qui se cherchent, l’attente d’un coup de telephone… Bref une histoire d’amour adolescente somme toute assez classique. Là où Le Bleu Est Une Couleur Chaude est une vraie réussite, c’est sans doute dans son traitement. Tendre et sensible. Vraiment sensible, vous en connaissez beaucoup des BD qui tire une larme à son lecteur ? Le dessin est à l’image de l’histoire, réaliste, doux, d’une sensualité presque érotique parfois. D’un sépia noir et blanc intense, presque sépia, l’histoire ne se colore que du Bleu d’Emma.

Le récit entraine son lecteur, on ne lâche l’album qu’à la dernière page. Il en reste une tristesse infinie une douceur une délicatesse… Une envie d’y revenir. L’atmosphère de l’album reste longtemps dans l’esprit et donnerait presque envie d’être amoureux.




Freddie & Moi - Mike Dawson

 On a tous une chanson qui nous rappelle  un évènement ou un autre, un groupe qui a accompagné notre enfance, un album qu’on connaît par cœur parce qu’on l’écoute depuis toujours… La bande son de notre vie quoi.

                               


Pour Mike Dawson, l’auteur de  Freddie et Moi, pour tout cela, il a Queen. Il en est un fan absolu, une groupie… Il a un morceau pour chaque étape de sa vie. Enfance, adolescence, âge adulte, les filles, la famille, le boulot… Parce qu’en réalité c’est plutôt de ça qu’il s’agit, le passage à l’âge adulte, les errances de l’adolescence… Freddie Mercury, c’est un prétexte. Un chouette prétexte, mais un prétexte quand même.

Le ton est drôle et sensible. Le dessin presque naïf. Facile de s’identifier au récit autobiographique de Mike. 

Elodie Durand - La Parenthèse

Judith est atteinte d’épilepsie, provoquée par une tumeur au cerveau et elle revient sur les évènements. La Parenthèse est un récit autobiographique. Mais Élodie Durand se cache derrière Judith, son deuxième prénom. Peut être pour poser un regard distancier sur cette maladie qu’elle n’admet pas.

                        

La mémoire de Judith s’efface. D’abord par petites touches. Puis par morceaux entiers. Elle oublie jusqu’à l’alphabet, perd toute autonomie. Finalement, en plus de la mémoire, c’est elle toute entière qui s’efface. Judith écrit, note, exerce son cerveau et sa mémoire. Elle dessine aussi. Et elle agrémente La Parenthèse de dessins de l’époque. Tortueux, brouillons, nerveux, introspectifs, dans lesquels elle se raconte peut être plus que dans son récit. Et quand son cerveau a décidé de ne vraiment pas se mettre de la partie, elle demande de l’aide à ses parents. Pour remplir les trous ou pour l’aider dans les gestes du quotidien. Judith n’admets pas la maladie, alors le ton de l’album n’est jamais ni mélodramatique, ni plombé, ni moralisateur, ni vraiment didactique. Ce n’est pas un album de sensibilisation à l’épilepsie destinée au grand public.

 Elodie Durand raconte à merveille la colère de disparaître derrière des symptômes, l’incompréhension, la dépendance à son entourage. Pour nous emmener dans son quotidien et son cerveau malade, Elodie fait appelle à la métaphore dessinée, alterne des découpages classiques en cases, de grands formats, des dessins fournis, épurés, lumineux, sombres, nerveux… Les formes changent rapidement, et rendent le récit très dynamique. 

 La Parenthèse c’est le récit d’une jeune femme qui se bat pour que sa maladie ne la définisse pas. Et pour faire en sorte que la Parenthèse ne devienne pas des points de suspensions. 

Oh ! Merde ! - Cha

Oh ! Merde ! est une compilation d’histoires dessinées entre 2005 et 2010 par Cha, dessinatrice du blog chaBD.

                            

Cha est une jeune femme névrosée à la limite du psychotique. Cha aime Didier Wampas, la bière, la musique Punk, Cha a de petits nichons, des problèmes avec son mec et une connaissance accrue du milieu psychiatrique. Bref, Cha est une fille relativement normale.

Avec Oh ! Merde !, Cha multiplie les scénettes dans un style nerveux et désinvolte. Elle alterne comptines cruelles, scènes relativement autobiographiques, délires sci-fi, histoires macabres et rock n roll… A intervalles réguliers on retrouve Gwenaelle la baby sitter végéarienne qui enseigne sa vérité à la gamine qu’elle garde ou les aventures dans couple qui fuient un armaggedon futuriste à la fin inattendue…

Une multitude de nouvelles dessinées où Cha pose un regard acerbe, décomplexé, cynique, punk et très très drôle sur notre monde.

Diane Arbus au Jeu de Paume

L’expo Diane Arbus se tenait au Jeu De Paume de Paris. 

Samuel BENCHETRIT, Prince de L’époque ?
Week End - Andrew Haigh
Bye Bye Blondie - Virginie Despentes
Skins Party - Timothé LeBoucher
Nous ne serons jamais des héros - Salsedo, Jouvrain, Salsedo
Le Bleu Est Une Couleur Chaude - Julie Maroh
Freddie & Moi - Mike Dawson
Elodie Durand - La Parenthèse
Oh ! Merde ! - Cha

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Queen Mafalda ne parle pas que de musique. http://queenmafalda.blogspot.com

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